Journée de la femme célébrée chez Benoit

, par Nadègechocolatez-vousmembre

À l’occasion de la journée de la femme, nous nous sommes rendus chez l’une d’entre elles, et pas des moindres dans le milieu du chocolat ! Installée dans le Marais depuis 2009 près de la place St-Paul, la boutique a été créée par la sœur aînée de Anne-Françoise Benoit, Véronique. Le chocolat est une belle histoire de famille. En effet tout commence en 1975 à Angers, où le père tenait déjà une chocolaterie. Dominique, le fils s’installe à son tour pour réaliser ses chocolats après s’être formé chez Robert Linx et Christian Constant, son CAP chocolatier en poche. Puis Anne-Françoise et sa sœur sont rattrapées à leur tour par la nostalgie du chocolat.

Après des études en sciences économiques et ressources humaines, Anne-Françoise a travaillé chez Axa, avant de racheter à 27 ans en 1997 la boutique d’Angers en bénéficiant des tours de main de son père, complété par des stages chez Lenôtre et Richart. Le plus difficile a été d’assoir son autorité auprès des apprentis ! Mais elle a raflé tous les prix et figure parmi les 10 meilleurs chocolatiers de France.
Notre hôte est la dernière des 3 enfants à être revenue au chocolat, après des études en histoire de l’art et une carrière de journaliste à l’hôtel Drouot, elle tient une boutique au Louvre des Antiquaires. En 2009, son intuition et la visite de ce local pour lequel elle a un coup de cœur la conduit à créer cette boutique permettant de proposer à Paris les chocolats créés à Angers. Il reste de son ancienne vie d’antiquaire un beau lustre trônant dans le magasin, un marchand de porcelaine et une belle collection de chocolatières.
Chocolatière, c’est un nom de métier qu’Anne-Françoise n’a jamais acceptée, refusant d’être associée à une ’’cruche’’ !
Les chocolats dégustés sont fins, petits (d’un poids de 7g) et beaux.

  • Bahia

    Bahia, pur Brésil, un chocolat de présentation striée, assez fondant et onctueux, équilibre et pas trop sucre, avec un contraste de texture, à la fois craquante et fine. Anne-Françoise Benoit s’est rendue dans des plantations au Brésil. Là il s’agit de chocolat provenant de Valrhona.

  • Concerto

    Concerto, un chocolat du Venezuela (Araguani 72%) également peu sucré, avec une ganache plus tendue et plus forte en goût.

  • Europe

    Puis nous avons dégusté une ganache pralinée baptisée Europe, un beau chocolat présentant un rond pailleté, dégusté en chocolat noir (existe aussi en chocolat au lait). La ganache est réalisée avec du chocolat au lait, le praline est caramélisée pour apporter du croustillant et de la douceur qui contraste avec le chocolat noir.

  • Passionnata

    Nous sommes passe ensuite à Passionnata, un chocolat a la texture dense, avec un gout de fruit de la passion intense.

  • Le praliné noisette est un praliné à l’ancienne, une nougatine ou les fruits secs ont été torréfies et caramélises, avec une grande finesse dans le croquant, un excellent chocolat !
  • Le suivant, compose d’une ganache à la fleur d’oranger, d’une texture plus serrée, presque mousseuse. La saveur florale, quasiment aussi enivrante que du jasmin, provient de l’épicerie Izrael et se marie avec une douce amertume au chocolat de couverture.
  • Adagio

    Puis vient Adaggio, un praline feuilleté citron vert-coriandre, de belle présentation d’inspiration art nouveau. C’est un caramel croquant, avec une texture évoquant la crêpe dentelle.

  • Gingembre

    Nous avons ensuite dégusté une ganache au gingembre, dans lequel de petits morceaux ont été macérés. Le résultat est délicat, assez tendre, pas agressif. Le dessin de présentation en écorce d’arbre est original.

  • Menthe orientale

    Nous avons ensuite gouté la rafraichissante ganache menthe orientale.

Puis nous avons terminé la dégustation par une des gourmandises-phare de la boutique, le Caramandes, un délicieux triangle d’amandes effilées caramélisées nappe de chocolat. Noir ou au lait, cette gourmandise est addictive !

Alors que Valentine Tibère (la “chocolatologue” de renom) évoquait qu’il y a une vingtaine d’années une amie qui se formait au métier de la chocolaterie avait constaté qu’il n’y avait même pas de vestiaire pour femmes, quelques chocolatières créent leur propre boutique pour y vendre leurs créations. A quand le prix du MOF décerné à une femme ?
Ce soir, nous étions heureux de découvrir la subtilité et la finesse des chocolats d’une grande professionnelle du chocolat.