Dégustation conférence chocolats DOM-TOM

, par France Nahum Moatty chocolatez-vous membre

Nous nous sommes réunis pour notre Assemblée Générale annuelle. En attendant l’arrivée des participants, au fur et à mesure de leur venue, les membres se sont vus offrir un chocolat chaud, préparé à l’eau. Il est assez clair, à des notes beurrées, très doux, il rappelle, les douceurs de l’enfance
Le second, plus foncé, un peu moins sucré, tout en restant quand même très doux. Au nez il sent bien le cacao, mais ni l’un ni l’autre n’ont de longueur, ni de note cacaotée en fin de bouche, bien que très cacaoté à la première gorgée. Chacun est bluffé car ce n’est pas du Chocolat mais ça lui ressemble !. Le premier présenté sous la forme de large pistole ferait penser à du Cacao Barry, tandis que le second, de toutes petites pistoles, plus à Valrhona. II est réalisé à partir de graines de tournesol fermentées et torréfiées ajoutées à du lait et du sucre. Chocoviva a mis au point ce processus sous une marque allemande pour faire face à la grimpée des prix du cacao et pour préserver la nature. Comme dans notre jeunesse, le Canadry dans la publicité, disait, on croirait à de l’alcool, mais ce n’est pas de l’alcool !!!!Ce produit s’adressera à des amateurs de chocolat industriel mais pas à des amateurs de Grand Cacao qui recherchent comme dans le vin, le terroir avec sa spécificité.
Après notre assemblée Générale, nous passons à la présentation par Nadège des cacaos d’origine DOM-TOM. On entend par DOM-TOM, les pays producteurs en Martinique, à la Réunion, Tahiti, Guyane, Guadeloupe. Nous allons déguster essentiellement des tablettes de Martinique et de la Réunion. Ce sont des cacaos qui nécessitent de la main-d’œuvre importante sur de petites parcelles avec une récolte manuelle. Les quantités sont très petites. Ce sont des pays où l’agrotourisme s’est développé, ce qui leur permet d’écouler une partie de leur production comme le sucre. C’est un cacao qui est peu vendu en France, mais qu’on trouve chez La Reine Astrid ou chez Encuentro, ou à Bayonne chez Xocolat. Il est aussi vendu sur les salons, comme le Salon Saveurs ou, le Salon de l’Agriculture. À l’île de la Réunion ce sont des fèves Criollo, alors qu’en Guadeloupe et Martinique ce sont plutôt des trinitarios. Haïti au XVIIIe siècle était le premier producteur jusqu’à la révolution. En 1660, la Martinique, démarre des cultures riches qui servent aux échanges commerciaux.
En 2010, la production de Cacao de Martinique est relancée avec l’association Valcako. Ils obtiennent une médaille d’or et le titre de meilleur Cacao au monde. Les cabosses sont jaunes en majorité.
O’Tantic à plusieurs tablettes de différents crus, ils fabriquent aussi d’autres produits comme du vinaigre
Atipika est connu pour ses chocolats chauds avec de la pulpe de cacao.
La première tablette Akooye. Le chocolat est brillant, brun avec des granulosités c’est un chocolat à 70 % en provenance de Martinique, la coopérative de Valcaco. Il est assez intéressant, il a des notes florales, c’est un assemblage trinitario Forastero Amenolada, il est doux, a une belle rondeur
Le second de la marque O’tantic est emballé dans une sorte de papier journal. La tablette est très fine avec comme décor au milieu le logo, il est très clair, pas très aromatique, plus boisé, le sucre est également local
Le troisième de la plantation Andidi est également à 70 %, il a des cabosses comme décor, il est Bio, très aromatique, un peu associé à des notes de caramel en fin de douche, un peu pétillant qui vient de sa localisation. Il pousse sur des terres volcaniques. Il est agréable avec une pointe de note église en fin de bouche.
Le suivant Ceron toujours à 70 % n’est pas emballé dans du papier mais directement dans l’étui. Il est plus épais car il contient un peu de grue, sa forme incurvée, on le trouve un peu fort en odeur. Nous dirions ‘Fleuristé’ la longueur furtive, la plantation se visite.
Ensuite une tablette de chez A-typica est à 76 % toujours de la Martinique est vendue chez la Reine Astrid. Il a reçu la médaille d’or en 2024 par le jury AVPA, sa forme est originale. le chocolatier a travaillé chez 20° Nord, 20° Sud. Un peu pâteux, mais des notes quand même d’herbe sèche. Il fait un peu industriel et rappelle ses racines caribéennes
Toujours de la marque A-Typica à 99 % avec de l’ajout de vanille Pompona. C’est une vanille qui a la spécificité d’être plus petite et plus charnue que les autres. Il a le même pourcentage que le précédent, il est très doux, un peu charbonneux et une très grande longueur en vanille, on le trouve très intéressant.
Nous passons maintenant à la dégustation de tablettes, de la Réunion, le premier de la marque Audace à 70 % avec du grué est clair, des fèves Criollo, il y a énormément de grué, pas de tanin, ajout de sucre de la Réunion, il n’a pas d’arôme marqué ni de goût particulier et aucune longueur.
Le suivant toujours de la marque Audace est cette fois parfumé aux huiles essentielles de Cumbawa. Il est aussi très frais. Il est très fort, décevant, on a l’impression qu’il y a du grué mais en réalité c’est le zeste du Cumbawa.
Pour finir, une tablette à 100 % de chez Ara. En même temps, une petite amertume, un peu fumé en fin de bouche et acidulé.
Encore merci à Nadege qui a toujours plaisir, une fois par an à nous présenter ses découverte